FAQ : comment se déroule un Atelier?

Pour questionner la pratique personnelle, l’approfondir, l’enrichir, elle est appréhendée conjointement sous deux aspects, qui sont en réalité les deux versants de la même montagne. Nous pourrions, pour profiter de la métaphore alpestre, évoquer un adret, qui concernerait la lumière, l’oeil et l’image, et d’un ubac, domaine plus ombreux qui relèverait du sens, de la poétique personnelle, du rapport intime à soi, au monde et à la vie. Doi Takeo parlerait d’un omote et d’un ura, notions japonaises qui éclairent la relation intime entre l’évident et l’inévident, le flagrant et le caché, l’endroit et l’envers… Sans cesse, nous allons de la parole au regard et du regard à la parole, pour comprendre l’intervalle entre l’être et ce qu’il photographie. Cette connaissance, acquise par un courageux travail sur soi-même au prix de choix et de renoncements, va nourrir, renforcer, permettre de structurer et d’ajuster la démarche de sélection des images, que je préfère nommer « composition » (plutôt que « éditing »), par allusion à la musique. Une série juste réverbère l’intériorité de celui qui en a produit, choisi et ordonné les éléments. Le travail avance à deux, nous naviguons de conserve dans l’empathie, arpentant l’espace intime sans intrusion ni complaisance, d’un versant à l’autre, passant de la table où progresse la sélection des images répondant à la plus extrême exigeance, à la conversation qui permet d’analyser le rapport personnel à la photographie, au visible, à l’élan scopique, au poétique, à la vie, etc. Comme déjà énoncé ici, le photographe « écrit avec la lumière » mais l’auteur « écrit avec des images ». Cette écriture, c’est avec l’oeil qu’il la trace, cherchant pour chaque projet - lui-même inscrit dans l’ensemble plus vaste de l’oeuvre personnel - à la fois une architecture à toute épreuve, un début, une fin, et un élan entre les deux. C’est pourquoi le travail d’atelier, sur table, de regard et de parole, a dans le temps des effets sur la prise de vue elle-même. Parce que le photographe devient progressivement conscient de sa pratique et de son écriture, conscient des enjeux profonds et des conséquences de ses choix dont il sait toujours mieux qu’ils ne relèvent pas du hasard mais de la nature du lien au visible, cette interface qui n’a de cesse que de vouloir nous bercer de ses illusions, et qui pour le poète réverbère les éclats d’une vérité intérieure qui ne saurait être dite mais dont les reflets sont donnés à voir par la photopoésie…

à suivre…

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